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Delphine Rauch docteur en Histoire du droit des activitées maritimes, vient d'obtenir le prix de thèse 2014-2015 de l'Académie de Marine, pour sa thèse dirigée par le Professeur Olivier Vernier Les prud’homies de pêche à l'époque contemporaine (1790-1962).


Delphine Rauch docteur en Histoire du droit des activitées maritimes, vient d'obtenir le prix Etienne Taillemite 2015 pour sa thèse dirigée par le Professeur Olivier Vernier Les prud’homies de pêche à l'époque contemporaine (1790-1962).


Hommage au Professeur Michel Bottin

la cérémonie de remise officielle de son volume d'Etudes "Itinéraires croisés d'histoire du droit entre France et Etats de Savoie" à Monsieur Michel Bottin, vendredi 5 juin 2015.

Bon de commaande MB


Appel à la défense de l’histoire des idées politiques

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ARTICLE  NICE MATIN SENAT DU 15 03 2014


Le Prix Départemental de la Recherche Historique pour 2011 a été attribué à Henri-Louis Bottin pour sa thèse Le Prince, la ville et la loi. Contribution à l’étude de la norme écrite à partir des statuts de Nice (XIIe-XVe siècles).

Ce prix vient couronner le travail préparé par Henri-Louis BOTTIN dans le cadre du Laboratoire ERMES, sous la direction du Professeur Marc ORTOLANI et soutenu à la Faculté de Droit et de Science Politique de Nice (Université de Nice-Sophia Antipolis) le 13 octobre 2008.

D’un montant de 6 000 euros, le Prix départemental de la recherche historique, créé par le Conseil général des Alpes-Maritimes est destiné à permettre la publication d'une étude originale sur le département des Alpes-Maritimes.

Pour en savoir plus:

http://www.cg06.fr/fr/decouvrir-les-am/decouverte-du-patrimoine/les-archives-departementales/expositions-publications-ad06/prix-departemental-recherche-historique/prix-departemental-de-la-recherche-historique/


Hommage au Professeur Paul Isoart (1931-2013), membre fondateur du laboratoire ERMES.

Hommage au Professeur Paul Isoart (1931-2013)
Membre Fondateur du Laboratoire ERMES

 

Paul Isoart est né à Nice le 20 janvier 1931 de parents originaires du Comté. Il a grandi à Nice du côté des Baumettes, dans un de ces quartiers qui étaient encore à l'époque un peu des villages. Une enfance niçoise marquée par la disparition prématurée de son père en 1940, pendant la guerre. Après le certificat d'études primaires il poursuit ses études secondaires au Parc Impérial, puis ses études supérieures à l'Institut d'études juridiques de Nice, alors desservi par les professeurs de la Faculté de droit d'Aix-en-Provence. Il en sort en 1953 avec un DES de droit public et présente le concours de l'École de la France d'Outre-Mer au moment même où celle-ci ferme la section « Indochine ». Il choisit alors de devenir magistrat et est nommé au Maroc en qualité de commissaire du gouvernement chérifien à Marrakech et à Rabat. Appelé sous les drapeaux en 1956, il sert en qualité d'officier. Il travaille parallèlement à sa thèse sur Le phénomène national vietnamien sous la direction du recteur Fabre. Il soutient en 1959 et est nommé la même année assistant de droit public à l'Institut d'études juridiques de Nice que dirige le professeur Trotabas. Sa carrière universitaire prend corps : maître assistant en 1963 à la toute nouvelle Faculté de droit de Nice, agrégé de droit public et de science politique en 1964, professeur en 1968, doyen de l'Institut du droit de la Paix et du Développement en 1979.
 
Paul Isoart s'affirme très vite comme un maître du droit constitutionnel et du droit d'outre-mer. Il est l'auteur de plusieurs dizaines de publications, sur la décolonisation, sur la République, sur le gaullisme. Il est un des meilleurs spécialistes des évolutions post-coloniales de l'ancienne Indochine. Dans ces études, l'histoire n'est jamais bien loin. Le professeur Isoart y apparaît comme un historien exigeant, pleinement convaincu de la nécessité de s'appuyer sur l'histoire pour éclairer les questions juridiques. Le cours de « Grands problèmes politiques contemporains » qu'il enseigne à la Faculté porte la marque de cette nécessité de connaître le passé pour comprendre le présent. Qu'il s'agisse du conflit sinosoviétique, de la guerre du Viêt-Nam, ou du conflit israélo-palestinien, l'histoire est un passage obligé. Le volume d'hommages que lui ont offert ses collègues en 1997 porte le témoignage de tout ce qu'il a apporté à sa discipline'. Ajoutons-y celui de l'étudiant, marqué par la forte personnalité de l'enseignant et par la qualité de ses cours. Le professeur Isoart, ainsi qu'il le disait parfois, ne venait jamais faire cours « les mains dans les poches ».
Dans sa longue liste de travaux, les études sur Nice éclairent une facette particulière du chercheur. La première est de 1987. Elle marque pour la recherche historique niçoise un événement. Un professeur renommé de droit public et de science politique se penche sur le passé de sa province. Faut-il s'en étonner ? L'amour du pays natal, le goût de l'histoire et une forte conscience d'appartenir à une histoire -il était soci de l'Acadèmia Nissarda- devaient tôt ou tard l'y conduire.
Il ne manquait qu'une occasion. Elle survint lors d'un colloque organisé par le Centre d'histoire du droit autour du thème « Les Alpes-Maritimes. 1860-1914. Intégration et particularismes ». La période et le thème l'intéressaient. Les amicaux encouragements des professeurs Maryse Carlin et Paul-Louis Malausséna firent le reste. Il en sortit une belle publication sur les lieux de mémoire de Nice française. Une aventure intellectuelle commençait. Elle se poursuivra pendant 26 ans !
L'oeuvre niçoise de Paul Isoart est riche d'une quinzaine de publications et de nombreuses préfaces, présentations et notes de lecture. C'est un honneur pour la revue Nice Historique d'avoir accueilli une grande partie de ces publications.
L'ensemble présente une grande et belle homogénéité. La réflexion de Paul Isoart se développe au gré des occasions, colloques, commémorations, journées d'études : sur la dédition de 1388, sur le maréchal Masséna, sur Garibaldi, sur la Grande Guerre, etc. Touche après touche, une oeuvre se construit. Son fil rouge est l'attachement de Nice à la France. Paul Isoart recherche les fondements de cette relation, scrute ses formes d'expression, analyse les mécanismes juridiques et en souligne les temps forts. Le professeur Isoart revisite ainsi quelques grands thèmes de l'histoire de Nice à la lumière de la plus féconde analyse juridique et aussi sans jamais sous-estimer la dimension passionnelle de cette relation. Le titre qu'il donne à sa contribution à l'ouvrage de Jean-Paul Potron, Nice, cent ans est particulièrement évocateur, « Cent ans d'histoire politique. Nice et la France, histoire d'une passion ».
Cet attachement, explique-t-il, est progressif et il ne prend sa véritable dimension que par l'acceptation de la République. D'où la nécessité d'étudier les manifestations et les signes qui le consolident : les commémorations du 14 juillet, les festivités autour du centenaire de l'annexion de 1792, l'inauguration de la statue de Gambetta, le ralliement de Borriglione, le maire de Nice, à la République, la reconnaissance de Masséna comme héros niçois de la Patrie française et surtout la guerre de 14-18. L'attachement trouve ici sa manifestation la plus chamelle et la plus féconde, celle « des semailles sanglantes ». La grande étude qu'il consacre aux monuments aux morts du Comté de Nice et du Mentonnais en est une parfaite illustration. Ainsi se construit le patriotisme des Niçois.
Mais le chemin n'est pas facile. Les contradictions ne manquent pas : les excès de l'administration révolutionnaire sous la Convention ont provoqué l'insurrection des Barbets ; le séparatisme a, en 1870, bien failli emporter Nice vers d'autres horizons ; l'influence du garibaldisme a fait perdre quelques repères patriotiques majeurs ; la querelle sur l'identité de la langue niçoise a troublé profondément les esprits dans l'Entre-deux guerres ; l'occupation italienne en 1943 a ravivé les tendances irrédentistes ; les calculs diplomatiques des Alliés en 1944-1945 ont bien failli empêcher la réunion de Tende et La Brigue à la Nation française. C'est dans ces épreuves que l'attachement s'est consolidé. Le ralliement de Borriglione, le séparatiste, aux valeurs de la République est ainsi beaucoup plus qu'une péripétie politique. Il dissout les résistances à la France, les plus récentes comme celles remontant à la Révolution. Le titre de l'étude est significatif : « Borriglione, le barbet rallié ». Mais c'est sans doute l'affaire du XVe Corps qui permet de vérifier cet attachement avec le plus de certitude. La France a paru rejeter Nice à l'occasion d'une odieuse accusation de lâcheté portée contre les unités du XVe Corps qui auraient abandonné le combat lors de l'offensive dans les Vosges en août 1914. Or discréditer le XVe Corps c'était s'attaquer à ses unités « niçoises », aux chasseurs alpins en particulier. Paul Isoart reprend le dossier, argumente et accumule les justifications. Non les Niçois n'ont pas trahi. L'immense monument aux morts creusé dans la colline du Château porte le témoignage du sacrifice des Niçois. Son inauguration solennelle par le maréchal Foch en 1928 lave Nice de toute accusation.
Le plébiscite de 1860 n'est qu'un moment de cette histoire. Il n'est pas un accident. Il s'inscrit dans une histoire passée et l'histoire qui suit en fait pousser tous les fruits. Mais alors pourquoi avoir autant attendu pour que Nice et la France se rencontrent ? C'est cette question que pose indirectement Paul Isoart en 2010 dans son étude sur « Le destin de Nice ». L'auteur part à la recherche des occasions manquées et des blocages qui ont conduit Nice vers une autre histoire. Nice a fait d'autres choix, contre sa vocation française. L'attachement a pris une forme contractuelle, par exemple avec la dédition de 1388 à la Maison de Savoie. Il est donc toujours susceptible d'être remis en question. Cet attachement a perduré pendant cinq siècles et ainsi empêché l'éclosion d'un véritable sentiment d'adhésion.
Cette conception contractuelle n'a toutefois pas que des effets négatifs. C'est dans ce cadre juridique que s'est forgée l'identité territoriale de Nice et c'est dans ce cadre territorial que va pouvoir se développer le sentiment d'adhésion. Il faut ici revenir aux études de Paul Isoart sur les liens qui unissent Nice à la Provence. Le Comté de Nice est sans doute une terre provençale mais son rattachement à la France ne doit rien à ses liens avec la Provence. « Les Niçois entendaient venir à la France comme fils d'une province à part » explique-t-il. Cette attitude permettait d'écarter toute médiatisation de l'adhésion à la France. L'identité niçoise servait de support au rattachement direct et donnait à l'attachement d'adhésion un caractère exclusif et particulièrement fort.

MICHEL BOTTIN, OLIVIER VERNIER

(Extrait de la revue Nice Historique,
116e année n°1-2-2013 janvier-juin).